Je vais être honnête : je ne suis pas le public cible de James Gunn. Si le premier Gardiens de la Galaxie m’avait séduit, j’ai rapidement décroché face à un style qui s’essouffle et un humour omniprésent qui finit par peser. Ma référence Superman, c’est la vision sombre et torturée de Zack Snyder, avec un Henry Cavill taillé dans le marbre pour incarner l’Homme d’Acier. Autant dire qu’en voyant les premiers teasers du nouveau Superman, j’avais déjà tiré mes conclusions. Pas de cinéma, pas de VOD, pas de Blu-ray. Et puis, pour ne pas mourir idiot, j’ai fini par regarder. Voici ce que j’en pense.

Ce qui fonctionne
Soyons fair-play : le film n’est pas exempt de qualités. David Corenswet s’en sort très bien en Clark Kent. Son côté maladroit et attachant contraste agréablement avec sa plume de journaliste, et il est tout à fait crédible dans ce rôle civil. La scène où Lois Lane l’interviewe en tant que Superman est d’ailleurs l’une des plus intéressantes du film, une situation inédite qui explore intelligemment les limites du héros dans un monde gouverné par les réseaux sociaux.
Nicholas Hoult, lui, livre un Lex Luthor convaincant. Malin, sans scrupules, avec une folie qui va très loin, exactement ce qu’on attend d’un antagoniste capable de tenir tête à un être capable de déplacer des montagnes. Et on appréciera également la façon dont le film intègre discrètement l’actualité géopolitique de 2025 dans son récit, une touche de réalisme bienvenue.

Ce qui ne passe pas
Malheureusement, les points positifs s’arrêtent là. Car si David Corenswet convainc en Clark Kent, son Superman est une vraie déception : mou, fade, sans charisme ni moment véritablement épique. Et ce n’est pas entièrement sa faute. James Gunn sabote lui-même chaque scène à fort potentiel en la ponctuant systématiquement d’une blague. L’humour, marque de fabrique du réalisateur, dessert ici complètement le film en cassant toute tension, toute intensité, tout souffle héroïque. Ajoutez à ça des choix de cadrage discutables, des grands angles déformants qui donnent un rendu étrange et on se retrouve avec un film qui rate constamment le grandiose qu’on attend d’un Superman.
Krypto, le chien de Superman, cristallise bien le problème. Sympathique en cameo, il aurait dû rester à sa place. Lui donner un rôle aussi important, c’est s’assurer de casser chaque moment fort avec une séquence de chien un peu fou. Difficile de rester dans l’épique dans ces conditions.
Quant aux parents de Superman, c’est la déception sur toute la ligne. Les parents biologiques de Kara sont réécrits en tyrans aux ambitions eugénistes franchement dérangeantes, tandis que les parents adoptifs sont les plus insipides et insignifiants de toute la filmographie Superman ! À oublier au plus vite.

Vous l’aurez compris : je suis passé complètement à côté du Superman de James Gunn. Trop drôle là où il faudrait être épique, trop léger là où le personnage mérite de la profondeur, ce film confirme pour moi que la vision de Zack Snyder et la présence d’Henry Cavill restent irremplaçables. Gunn a voulu faire son Superman. Il l’a fait. Simplement, ce n’est pas le mien.
No Comment! Be the first one.