Lancée en 2019 sur Prime Video, The Boys a véritablement révolutionné la façon dont on raconte les super-héros à l’écran. Violente, satirique, corrosive, la série d’Eric Kripke a eu le mérite de renverser les codes du genre en faisant du héros un monstre et du monstre une star. Sept ans plus tard, la saison 5, composée de 8 épisodes diffusés du 8 avril au 20 mai 2026, met un point final à l’aventure. Malheureusement, ce point final laisse un goût amer.
Une série qui a marqué l’histoire du petit écran
Avant d’entrer dans le vif du sujet, rendons à César ce qui lui appartient. The Boys a changé quelque chose dans la façon de représenter les super-héros à la télévision. En osant les montrer corrompus, manipulateurs, sadiques et assoiffés de pouvoir, la série a ouvert une porte que personne n’avait encore franchie avec autant d’audace. Et au centre de tout ça, Homelander. Personnage quasi inexistant dans la culture populaire avant la série malgré son existence dans les comics de Garth Ennis, il est devenu une icône absolue sous les traits d’Anthony Starr, dont la performance est l’une des plus remarquables de la décennie en matière de vilain télévisuel. Cette saison 5 lui confirme encore toute sa puissance, et c’est peut-être ce qui rend la déception finale d’autant plus amère.
Une saison qui va trop vite
Le problème central de cette saison finale, c’est son rythme. On sent que l’objectif était de boucler la série proprement en 8 épisodes, sans traîner, sans risquer la lassitude. Résultat : tout s’enchaîne trop vite. Les plans élaborés par l’équipe des Boys contre Homelander sont imaginés et mis en place à une vitesse qui nuit à leur crédibilité. Et quand ils échouent (ce qui arrive souvent), il y a toujours un plan B, puis un plan C, puis un plan D, surgis de nulle part avec la même efficacité. On perd complètement le sentiment de danger réel qui faisait la force des premières saisons.

Des personnages sacrifiés sur l’autel de la conclusion
La précipitation a un coût humain, celui des personnages secondaires relégués au rang de figurants. Starlight est presque inexistante. Soldier Boy, pourtant l’une des meilleures additions de la série, est rapidement mis de côté alors qu’il avait un potentiel narratif énorme. Kimiko, elle, se retrouve propulsée au rang de personnage central d’une intrigue qui ne lui convient pas vraiment. Tout est misé sur le duo Butcher/Homelander, au détriment d’un casting pourtant exceptionnel qui méritait mieux pour ses adieux.

Une fin d’Homelander qui déçoit
C’est sans doute le point le plus douloureux. On savait que la fin d’Homelander serait le moment le plus attendu de toute la série. Et force est de constater qu’elle ne tient pas ses promesses. Quitte à s’éloigner du matériau original sur de nombreux points, on aurait espéré un final spectaculaire, à la mesure du personnage. Ce n’est pas le cas. Sa chute est davantage une humiliation qu’une conclusion épique, et même si on comprend le message derrière ce choix, on ressort de là avec le sentiment d’une occasion manquée.

Gen V sacrifiée, Vought Rising en route
La série se termine, mais l’univers The Boys continue. L’équipe de Gen V est définitivement mise au placard, avec l’annulation de la saison 3 du spin-off. En revanche, les fans pourront se tourner vers Vought Rising, le préquel centré sur Soldier Boy dans les années 50, qui s’annonce comme une belle consolation. Une façon de prolonger l’univers tout en repartant sur des bases neuves.
The Boys restera une grande série. Novatrice, courageuse, portée par des performances magistrales, elle a laissé une empreinte durable sur la télévision de super-héros. Mais comme beaucoup de grandes séries avant elle, elle ne sait pas tout à fait comment finir. Cette saison 5 bâclée ne ternit pas un héritage solide, mais elle empêche une conclusion à la hauteur de ce que la série avait accompli. Dommage.
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